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nov 11

Le label

Article rédigé par Nauseabonde

Quoi qu’on en dise, la marque attire l’œil – un logo de golfeur sur un polo bien coupé, une couronne en or sur une montre – etc., mais autant un « YSL » blanc brodé discrètement sur une chemise force le respect, autant certaines marques / initiales devraient s’abstenir d’affichage. Et ce n’est pas de « prestige » dont il s’agit ici.

Prêt à tout pour vendre, les marques sans marque se prennent désormais pour de la marque ! On invente des labels exposés au client qui, n’y comprenant de toutes les façons rien, non seulement se fait avoir mais colporte le message comme quoi…

  • … « cousu black, c’est le top ». Non. Cousu black, ou cousu « machine » (ca inspire moins confiance, non ?) signifie que la semelle a été cousue par un fil qui transperce le chausson – et tout bottier sait que l’on ne transperce jamais un chausson. Vous voulez un label « qualité », achetez cousu goodyear.
  • … « mon bracelet est en lézard ». Non, même s’il est écrit « lézard » au dos du bracelet de montre que vous venez d’acheter 30 euros, il y a de fortes chances qu’il ne s’agisse pas d’une peau de Varan de Malaisie ou de Téju, mais bien d’une croûte de vachette imitation peau de lézard.
  • … « hey, t’as vu, c’est une chemise YD ». Si on souhaite ses chemises lavées, amidonnées, repassées et pliées, le prix de la prestation peut dépasser le coût d’une chemise Yves Dorsay.

Bracelet croûte de cuir versus bracelet de l’atelier des bracelets parisien – chemise Zara versus Samson – chaussures Loading versus création Dimitri Gomez… Chaque marque à sa place, tant qu’elle reste, justement, à sa place…

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sept 27

Le blanc

Article rédigé par Nauseabonde

… de marque Ray Ban (Wayfarer) ou … de Kermesse, de la corne – non – du plastique, la lunette grosse monture blanche d’inspiration sixties sur gros verres fumés (pire : parfois façon mouche) revient dans les rues, et donc dans le métro depuis cet été.

N’allant généralement avec rien, l’idée de l’accessoire est donc de détonner en provoquant une rupture de style – « hey, t’as vu ses lunettes, c’est des Ray Ban ». Vieille ruse marketing mise au service d’une marque qui peut se le permettre, le concept nauséeux du « je choque par l’accessoire blanc » se généralise désormais : derniers modèles Cayenne, BM et Mercedes blancs, motos blanches, montres blanches « c’est-une-Chanel-J-12-ha-non-une-copie-Dolce-Gabbana », etc.

Pratiques pour les ultra myopes pour y dissimuler l’épaisseur des verres de vue, et sûrement fashion sur la plage cet été, portées dans le métro, fin septembre en plus, c’est ridicule !

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juin 04

La boutonnière

Article rédigé par Nauseabonde

Environ 60 heures sont nécessaires à l’assemblage des pièces d’un costume sur mesure (et sans même parler des costumes de Grande Mesure).

Outre la qualité des matériaux, l’agencement parfait des différentes pièces (taille, poids et forme), et la joie procurée par le port d’un costume qui vous sied parfaitement, il y a aussi cette fameuse boutonnière… Déboutonnable et reboutonnable à l’infini, à l’instar des costumes de prêt-à-porter, sur lesquels les boutons sont cousus directement sur le tissu, voir même parfois collés !

La règle est simple :
- « Sur mesure » implique « boutonnière » implique « le droit d’enlever le dernier bouton »
- « Prêt-à-porter » implique « boutonnière factice » implique « l’impossibilité d’enlever le dernier bouton »
- Snobisme ? Peut être, mais c’est comme ça.

Ainsi, la vue matinale sur ces « nouvelles marques » de prêt à porter (Stanbridge pour ne pas la citer) qui n’ont rien trouvé de mieux que d’enlever le dernier bouton à la boutonnière (toujours factice) de leur costume est définitivement source de nausée. Ajoutez à ceci l’idée pitoyable de coudre un liseré de couleur autour du bouton manquant, style « hé, t’as vu, j’ai une boutonnière factice »… et la nausée devient puissante. À vomir.

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mai 28

L’imposture

Article rédigé par Nauseabonde

Non, ce n’est pas un sac Chanel… Et on peut débattre autant que l’on veut sur « nan mais, un sac d’une grande maison c’est pas normal que ça coûte aussi cher », ton sac à toi, il craint.

- Agneau, veau grainé, caïman, raie ? Non, toile pourrie avec motifs imprimés

- Plus grave, les CC sont collés… La preuve, t’as perdu la moitié d’un des deux « C »

- Les imprimés sont coupés aux différents points de façonnage, alors que c’est bien connu, on ne coupe jamais le nom de la marque !

Pas besoin d’aller chercher le numéro de série pour corroborer le tout, tu portes une copie d’un modèle qui n’existe même pas. Fort… Tu me diras, ça va bien avec tes fausses « Converses »

Aujourd’hui, la maison Christian Lacroix s’est déclarée en cessation de paiements.

Tout ça c’est de ta faute, imposteur !

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mai 19

Le Kipling

Article rédigé par Nauseabonde

Vintage, Thrill, Rock Heaven, City, Hip, G*rilla Girl… Même combat !

Le kipling est « l’article de mode » par lequel toute cette histoire a commencé : textos, débats, textos, lynchage, textos, puis « nauséabonde ».

Même transformé en cabas pour les courses, vous ne vous afficheriez pas avec un sac kipling (non, non, pas de majuscule) de peur d’en faire la promotion.

Ce sac (et par « ce », entendez « toute gamme, tout modèle ») est un échec complet. De la toile en nylon « résistante », au gorille qui pend, en passant par les couleurs douteuses (cf. le Alvar vert fluorescent dans la collection « Basic »), les grosses poches zippées, le logo de la marque, le nom des lignes de produits, les formes, et le design du site web… Tout !

Et cher en plus (jusqu’à 280 euros pour un Carys Thrill) !

Exception faite des modèles célèbres payés par la marque pour poser sur le site web, la porteuse de kipling est en général bedonnante, dispose de yeux noirs masqués par des lunettes rondes posées sur un nez en patate. Inspirant à la fois confiance (par son âge) et dégoût (par son sac), fière, elle porte généralement sa besace en « bandoulière de face », réalisant une parfaite symétrie entre la paume de la main, la poche frontale du sac, le nombril et la bedaine qui se cache derrière. Assurance d’un mauvais goût optimum, cette disposition d’horreur provoque irrémédiablement l’abondance « cérébrale » d’une nausée puissante.

Ne t’inquiète pas Rudyard, ton prix Nobel de littérature t’a rendu éternel, et quand on pronnoncera « Kipling » dans 100 ans, on dira bien « Kipling ? Le livre de la jungle, Mandalay, oui oui, je connais ». Jamais personne ne se souviendra de cette marque de sac qui aura, un-bref-mais-trop-long-instant emprunté ton nom.

« Un sac vide tient difficilement debout », Benjamin Franklin, Extrait des  Maximes pour l’almanach du pauvre Richard

… surtout si c’est un kipling !

« Les mots sont comme les sacs : ils prennent la forme de ce qu’on met dedans », Alfred Capus

… un étron a t-il une forme définie ?

« Les mots sont la plus puissante drogue utilisée par l’humanité », Rudyard Kipling
« Si tu peux voir détruire l’ouvrage de ta vie et, sans dire un seul mot, te remettre à le rebâtir, tu seras un homme, mon fils », Rudyard Kipling
« Prenez tout très au sérieux, à l’exception de vous-mêmes », Rudyard Kipling

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